Galienni

Accueil du site > Atelier > carnet d’artiste

carnet d’artiste

Dernier ajout : 14 janvier 2005.

C’est en 1997 que je rencontrais Bengt lindström : une brève, mais décisive rencontre. « Si on pense trop la peinture, c’est perdu d’avance » m’avait dit le maître Suédois. Une règle d’or qui résonne dans mon esprit comme si c’était avant-hier. Le soir même, je peignais un visage, son portrait, avec une clairvoyance que je n’avais pas jusqu’alors : au lieu de m’appliquer avec sagesse en bon élève que je n’étais pas, je me suis mis à contredire l’évidente harmonie des courbes et des couleurs, cette bienséance qui retenait toute la puissance expressive qui grondait en moi. L’instinc s’oppose à la pensée rationnelle et la peinture se doit d’être intuitive. Le pinceau ne contourne plus l’essentiel, il trace la vérité intérieure du peintre. La peinture tâche et dégouline . Résultat : une croûte ignoble de matière molle, un mariage indécent de couleurs ternes, passant du noire d’ivoire à la terre de sienne. L’enfer. La figure était pire qu’académique. De rage, j’ai empoigné mon pinceau à l’envers, par le manche : avec le bout pointu j’ai gratté, marqué et balafré ce visage qui, à chaque coup porté prenait une ride. Enfin ! je le tenais ce visage expressif, j’avais compris. La peinture venait des trippes. Il restait à changer l’outil, le pinceau trop chatouilleux. Dorénavant, ce sera la peinture au couteau.

Extrait de l’essai "idée noire, constat d’une jeunesse mal éclairée" (en cours d’écriture)



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette